Le stylo-plume : un accessoire comme les autres ?

La question peut étonner, tant le stylo-plume a été relégué au rang d’outil obsolète depuis que 90% de notre travail se fait par ordinateur. Et pourtant, elle mérite d’être posée. Je me souviens d’une discussion avec mon vendeur de stylos (enfin, un de mes…) d’il y a quelques années, avant qu’il ne prenne sa retraite ; il était persuadé qu’une personne ne peut porter une tenue impeccable et se balader avec un Bic sans intérêt. Et sa remarque était tout sauf infondée.

Le propre des accessoires est de venir agrémenter une tenue pour lui donner un peu plus de personnalité. Alors que les pièces maîtresses comme une veste, un pull ou une chemise sont en général assez neutres, en particulier dans un environnement professionnel. Les accessoires viennent apporter une touche de fantaisie et de couleur bienvenue. Ils sont aussi un moyen pour la personne d’intégrer à sa tenue des pièces plus personnelles. Par exemple une écharpe, une montre, un bracelet peuvent plus facilement refléter les goûts et la personnalité de leur porteur. Ils en deviennent donc de vrais ambassadeurs de leur propriétaire.

Grâce au choix d’un stylo-plume (et pas que) qui te plaît tu pourras, de manière discrète et originale affirmer tes goûts, un peu à la manière d’un portefeuille avec une jolie patine ou d’une écharpe avec des motifs affirmés. Comme ces accessoires ne sont pas toujours visibles, tu peux aller encore plus loin dans le choix de matières, motifs et couleur. En particulier si tu préfères rester plutôt discret dans ta tenue.

Au même titre qu’une cravate, une pochette, une montre ou des boutons de manchette, les accessoires d’écriture peuvent devenir une signature de tes tenues

Mais trêve d’excuses, la vraie raison c’est que c’est agréable ! Un beau papier, une encre joliment choisie et une plume qui glisse et s’accorde à ton écriture, ça a quand même plus de panache qu’un bic et carnet Moleskine !

Cet article se veut comme un dossier complet, l’idée étant de te donner toutes les clés pour comprendre ce marché et t’aider à choisir un stylo qui te convient. J’ai essayé de le rendre le plus digeste possible. En complément tu trouveras en seconde partie une liste détaillée des marques que je conseille et de leurs particularités. J’espère que tu y trouveras toutes les informations que tu pourrais chercher !

Pourquoi le stylo-plume ?

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Fallait-il se consacrer à la plume ou parler des instruments d’écriture en général ? Alors qu’un stylo bille ou un crayon de bois sont des outils assez « standardisés » qu’on peut se prêter, où la recharge peut être remplacée sans problème, le stylo-plume est un outil beaucoup plus technique et personnel. Je t’arrête tout de suite, je ne parle pas ici de cette croyance fortement répandue comme quoi la plume s’adapte à son utilisateur. Tu as beau être quelqu’un d’exceptionnel, une plume est en métal, avant que ton écriture (soit un appui mécanique très léger) la modifie, il y a de la marge, tu peux donc le prêter sans problème à quelqu’un sans penser qu’il changera ta plume (sauf si c’est un sagouin qui casse tout, mais dans ce cas ne lui prête aucune de tes affaires). En revanche, le choix d’une plume est lié à notre écriture. En fonction de notre façon d’écrire, de notre ressenti, nous allons choisir une plume d’une certaine largeur, avec un certain débit d’encre, et apprécier plus ou moins de souplesse. Le stylo-plume devient donc grâce à cela un outil vraiment personnel, en plus de son look.

Un objet hautement technique.

On ne choisit pas un stylo plume à la légère. Il est en général composé de 4 parties.

Faisant appel à la capillarité d’un fluide, le stylo-plume fait appel à pas mal de techniques pour stocker de l’encre et en redistribuer juste la quantité nécessaire

Le corps et le capuchon sont celles que tu verras en premier, ils ont leur importance car c’est ce qui définira le style de ton stylo, et c’est ce que verront les gens. Mais surtout, selon la matière, le poids et l’équilibre du stylo vont varier, et ces différences vont faire que tu apprécieras d’utiliser ton stylo ou pas. Bien sûr, selon le type de matériau utilisé, on va trouver des pièces totalement différentes (tant en termes de style, que de… tarif).  Voici quelques possibilités :

            • L’ébonite : matériau d’origine des stylos-plumes, elle est fabriquée à partir de caoutchouc sulfurisé, qui donne un matériau dur, cassant (il se répare difficilement) et résistant à la chaleur. Sa couleur d’origine est le noir, mais il est possible de la peindre, et surtout de la laquer (j’y reviendrai plus tard).

            • Les métaux : On trouve des stylos dans tous types de métaux, de l’inox jusqu’à l’argent ou l’or pour les modèles les plus précieux.

            • Les résines de coton : le celluloïd puis l’acétate de cellulose (la même qu’on utilise pour les lunettes), ont très rapidement éclipsé l’ébonite comme matériau de prédilection pour les fabricants de stylos plume. Plus simples à utiliser, à colorer, et avec des jeux de nuances plus intéressants (le celluloïd est transparent mais se colore facilement), ces résines permettront une vraie diversification de l’offre à partir des années 20. Le celluloïd facilement inflammable sera remplacé par l’acétate de cellulose.

            • Le plastique : comment ne pas y échapper ? Matériau préféré des industriels, il est bien entendu utilisé dans la production de stylo-plumes. Comme pour les métaux, on trouve de tout sous l’appellation plastique. L’acrylique est très utilisé, ainsi que le polycarbonate.

            • Le bois : peu courant, il est aujourd’hui utilisé surtout par des artisans qui utilisent différentes essences de bois qui donnent un look très particulier et unique une fois tourné.

            • La laque : la laque n’est pas utilisée pour fabriquer à proprement parler le stylo, mais recouvre en général le matériau du stylo (ébonite, mais aussi métal, plastique ou bois). Spécialité des maisons japonaises, la laque Urushi (du nom de la ville où poussent les arbres dont on récupère la sève) a été élevée au rang d’art par les maîtres laqueurs. Au-delà de l’application de laque noire ou rouge, qui est un procédé qui requiert déjà énormément de temps (plusieurs semaines pour passer les différentes couches en attendant qu’elles sèchent), ceux-ci ont développé une compétence toute particulière pour dessiner des scènes (souvent en rapport avec la nature, montagnes, cerisiers, animaux) grâce à de la poudre d’or (ou de la nacre). Ces stylos sont considérés comme ce qui se fait de plus exceptionnel et exclusif, tant chaque pièce est unique puisque réalisée à la main, et signée par le maître qui l’a réalisée.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise matière pour réaliser un stylo (en tout cas dans celles énumérées plus haut), mais des compromis à faire. En fonction du poids accepté, du style, du besoin de couleur… on choisira. Une fois cela dit, il y aura bien sûr des différences de prix notables, en fonction de la noblesse des matériaux utilisés, et le temps de travail nécessaire à la réalisation de la pièce, mais cela ne veut pas dire qu’il faut d’office exclure le plastique (ce serait de toute façon compliqué), il faut juste trier ce qui est intéressant du reste, comme toujours.

Le bloc plume est l’élément central du stylo. Il se compose de la plume en elle-même et du conduit qui la relie à la réserve d’encre. Le conduit peut être soit en ébonite (de plus en plus rare) soit en plastique (le plus fréquent). La plume quant à elle se compose d’une pointe dans un métal extrêmement dur (de l’iridium) et d’un corps qui peut être fait en divers métaux. La majorité du marché se divise en deux parties, les stylos entrée/moyenne gamme proposent des plumes en acier, et le plus haut de gamme a des plumes en or. Il y a néanmoins quelques exceptions. Visconti dispose d’une exclusivité sur les plumes en palladium. On trouve aussi quelques plumes en titane. Selon le matériau utilisé (et la façon dont il sera travaillé) la plume procurera un ressenti différent à son utilisateur. L’acier est réputé pour permettre des plumes très dures, là où les autres métaux doivent lui donner un peu plus de souplesse. Dans la pratique, cela dépend vraiment du cahier des charges de la marque, on peut trouver de l’acier flexible (mais c’est très rare), ou de l’or dur comme du béton (beaucoup plus fréquent actuellement). On peut mettre cela sur l’adaptation des fabricants à notre façon d’apprendre à écrire, qui passe par le stylo bille et ne nous demande plus de faire des pleins et des déliés. La fabrication de plumes relève d’un vrai savoir-faire. Aujourd’hui, certaines marques fabriquent encore leurs propres plumes, des géants du marché comme Waterman, Parker, Montblanc ou des entreprises beaucoup plus artisanales notamment au Japon, telles Pilot/Namiki, Sailor ou Platinum. Le reste, une grosse partie du marché, se fournit chez des fabricants des plumes uniquement, le plus gros d’entre eux étant l’allemand Bock (mais on trouve aussi des plumes fabriquées par Jowo). Le fait qu’il faille tester un stylo-plume et qu’on considère une plume comme très personnelle vient en grande partie de là. Nous n’aurons pas tous la même sensation à l’utilisation et une plume qui conviendra parfaitement à l’un sera désagréable à l’autre.

Un bel exemple de la diversité de plumes imaginable chez un même fabricant. De quoi s’adapter à toutes les écritures, voir à tous les besoins (italique, notes de musique…)

Le système de remplissage est le dernier élément qui compose un stylo-plume. Le stylo est muni d’une réserve d’encre, connectée au conduit. La solution la plus connue est celle élaborée par Waterman : la cartouche. D’abord en verre puis en plastique, fermée par une petite bille, c’est un moyen extrêmement pratique pour transporter de l’encre et n’être jamais à sec. C’est aussi une solution propre, on dévisse le corps, on enlève la cartouche vide, on met la neuve, et c’est réglé. Les cartouches Waterman, dites Internationales sont devenues un standard pour beaucoup de marques, ce qui permet d’en trouver très facilement même dans des supermarchés. D’autres marques décident de développer leur propre format de cartouche, le marché de l’encre consommable étant une source de chiffre d’affaire non négligeable. Malheureusement cela veut dire qu’on trouvera plus difficilement les cartouches de la marque (en particulier en France, pays de Waterman). Mais la cartouche a un inconvénient majeur, une diversité limitée des encres. A part les classiques bleus, noirs, et éventuellement rouges, on trouve assez peu d’autres options (il en existe pourtant). Pour diversifier les possibilités d’encres utilisables, il faut revenir à un système un peu plus vieux. C’est la société Pelikan qui a inventé un système de réservoir à piston qui permet en trempant la plume dans l’encre et en actionnant le piston situé à l’autre extrémité du stylo, de vider l’air et d’aspirer de l’encre. Pratique, ce système permet de changer facilement d’encre. Il est en revanche un peu plus sale (on peut tremper une partie du grip dans l’encre), et il faut se balader avec un (fragile) flacon d’encre. Cette solution est réservée aux stylos relativement haut de gamme. Pour avoir le même type de fonctionnement sur des stylos à cartouches, toutes les marques ont créé des systèmes de convertisseurs, à mettre à la place de la cartouche et qui embarquent un piston. Un pont entre deux mondes en somme. D’autres solutions existent pour permettre une plus grande occupation de l’intérieur du stylo, mais elles sont beaucoup plus rares.

Les stylos et le reste.

Tu pensais en avoir terminé. Malheureusement non ! Car un stylo, même lorsque c’est une œuvre d’art, c’est avant tout fait pour écrire. Il n’a donc d’intérêt que s’il est associé à une encre et un papier. Et c’est là que ça devient intéressant. J’ai dit plus tôt qu’un stylo est très personnel, il nous plaît parce qu’il est agréable à utiliser. Mais cela ne sera vrai que s’il est associé à la bonne encre pour écrire sur le bon papier. Écrire c’est un peu de physique et un peu de chimie. Selon que l’encre sera plus ou moins fluide, le papier plus ou moins absorbant, rugueux ou avec du relief, nos sensations n’auront rien à voir (ou alors, comme dirait Ollivander à Harry, c’est le stylo qui choisit son sorcier, et pas l’inverse, enfin presque). Il est donc primordial de bien choisir ce triptyque pour un usage optimal au quotidien. Il n’existe qu’une seule façon pour déterminer les associations qui te conviennent : l’essai. C’est seulement en écrivant que tu te rendras compte de ton ressenti. Un stylo que tu trouveras banal sur ton cahier habituel pourrait devenir très agréable utilisé sur un autre papier, ou avec une encre plus fluide.

Les encres :

Il existe différents fabricants certains sont des marques de stylos (Waterman, Pilot Hiroshizuku, Pelikan Edeltein), d’autres spécialisés dans l’encre (J. Herbin, Diamine). Il te faudra choisir les couleurs qui te plaisent, et les encres qui te conviennent. La gamme Iroshizuku de Pilot est parmi les plus réputées. Pelikan propose des éditions annuelles avec ses Edelstein, Faber Castell et Montblanc proposent des couleurs très réussies. Diamine, peu présent en France est un des rares acteurs spécialisés sur l’encre. J. Herbin enfin propose un choix très vaste de couleurs, à des tarifs très raisonnables. Et made in France (encore Cocorico !). Tu remarqueras bien vite qu’il existe des dizaines (centaines ?) de bleus différents, que trouver le noir ou le rouge parfait est très complexe, et qu’il existe tout un tas de couleurs et de nuances qui te permettront de reconnaitre facilement ton écriture (n’hésite pas à tester plusieurs nuances de brun en particulier).

La collection d’encres peut vite devenir plus addictive que celle de stylos, prends garde…

Le papier :

Celui grâce à qui tout est possible est aussi celui qui a le plus souffert ces dernières années. Entre le papier recyclé et la baisse de qualité générale autorisée par un usage massif du stylo bille, il est de plus en plus dur de trouver du papier de qualité à un prix raisonnable. Il existe pourtant quelques très belles maisons. Leuchtturm 1917, clone de la célèbre marque Moleskine mais avec des matériaux de qualité, on retrouve la rigueur allemande. Une couverture fermée par un élastique, une pochette à la fin, le tout décliné dans une foultitude de formats. Gros avantage, il y en a pour tous les usages et tous les styles. Le groupe Clairefontaine/Rhodia (et oui, encore la France), propose une offre incroyablement large de cahiers, bloc-notes, feuilles, excellents.  Leur diffusion massive permet de ne jamais être à court, et des prix raisonnables. Un autre géant est l’italien Fabriano, qui propose aussi une diversité de modèles assez incroyables, mais plus colorés, et avec des séries à thèmes (vive les carnets Savile Row !). Fabriano fabrique tout elle-même et les prix restent étonnement bas. La marque possède une boutique en plein cœur de Paris, de quoi permettre quelques essais sans dépenser. Mais à côté de tous ces géants, des jeunes entrepreneurs se lancent pour proposer de nouveaux univers liés au papier. On retiendra Le Papier fait de la résistance, avec son humour décalé, Calepino et ses accessoires minimalistes de qualité, La Compagnie du Kraft avec ses modèles historiques. Malheureusement tous les papiers ne sont pas adaptés aux stylos plumes hors pointe fine (et sèche), teste bien avant d’acheter.

Florence regorge d’artisans relieurs proposant des papiers aux textures particulières, de quoi créer un vrai lien, il y a quelque chose de physique qui se créé avec le papier photo: italia-sumisura.it

Les bonnes adresses

Maintenant que tu sais tout ce que tu dois vérifier avant achat, je vais te donner quelques adresses que je recommande. Elles sont malheureusement presque toutes (sauf une) à Paris, puisque j’y habite, si tu en connais ailleurs, n’hésite pas à les partager :

Mora stylos : adresse incontournable, André Mora est un des plus grands experts Waterman. Il propose sa propre marque de stylos (les superbes Oldwin), et vend du neuf mais aussi de l’occasion (vérifiée donc).

Skripta : une autre adresse rive gauche, j’ai souvenir d’une très belle sélection de papiers.

Watch & Write : basée à Bern en Suisse, c’est la boutique d’un passionné. J’ai rencontré Guillaume il y a quelques années et ai eu régulièrement de bons échanges avec lui. Spécialisé dans le marché vintage/occasion, il a accès à un nombre impressionnant de pièces magnifiques. Comme son nom l’indique il peut aussi fournir des pièces d’horlogerie.

Un monde vaste à découvrir

Comme tu as pu le constater, c’est un monde large qui s’offre à toi. Je suis tombé dans cette passion il y a quelques années, et elle a pris une place certaine dans mes hobbies. Au quotidien, devoir choisir un stylo, un carnet, est un petit plaisir, qui en plus peut ne pas coûter très cher (on trouve de bons stylos pour une dizaine d’euros, des pots d’encre à 6 et des carnets pour moins de 10). C’est un ajout non négligeable à ces petits trucs du quotidien qui changent une journée. Par ailleurs, imagine-toi en réunion avec un Waterman Edson, un Pelikan M1000 ou un Omas 360 Arco, ça a quand même de la gueule…

Et alors, j’achète quoi ?

Maintenant que tu connais les informations principales sur le stylo-plume, nous allons voir quelles marques peuvent proposer de bonnes options. Bien sûr, elles n’y seront pas toutes, ce serait impossible. Mais c’est une sélection qui, je l’espère, contentera tous les besoins et tous les budgets.

Montblanc : Comment ne pas commencer par là. Bien sûr, lorsqu’on parle de stylo-plumes, c’est Montblanc et sa série Meisterstück qui vient en tête. En ayant fait de ses stylos de véritables ambassadeurs du luxe, la marque à l’étoile est omniprésente. Il y aura comme toujours, des partisans, et des opposants. On parle de problèmes de fiabilité, de fuites. Difficile de juger réellement. Dans tous les cas c’est une marque symbolique, qui a, ces dernières années, ajouté à son catalogue des références originales. Bien sûr, les stylos au format « cigare » resteront les plus vendus, mais si on veut quelque chose d’exclusif on pourra se tourner vers les modèles de la gamme Héritage, ou une édition spéciale (collection écrivain, tant qu’à faire). Pas de petits budgets ici, même en occasion il faudra débourser une certaine somme.

Pelikan : Autre grand nom du stylo, inventeur du système à piston repris par Montblanc, la philosophie de la marque est assez similaire. Un design sobre, repris en différentes tailles. Si Montblanc est adepte du cigare noir, Pelikan aplatit les bouts et applique des rayures à ses objets d’écriture. Le grand classique est vert, mais avec le temps, la marque a diversifié les couleurs. On retrouve la réputation des grands industriels allemands, la mécanique est excellente et sans défaut, pareil pour les plumes. Bien que le budget reste élevé, on peut trouver de bonnes affaires, la série M200, avec une plume en acier et un piston en plastique est sans défaut, et se trouve facilement entre 80 et 90€. Par ailleurs on trouve de belles pépites vintages pour pas trop cher

(Graf von) Faber Castell : autre géant, bien plus connu pour ses crayons de couleur, Faber Castell propose via deux marques, des stylos très qualitatifs. La marque Faber Castel se concentre sur l’entrée de gamme (de 25 à 100€) avec des modèles plus ou moins originaux, des plumes acier et un système à cartouche. La marque Graf von Faber Castel, quant à elle se concentre sur le haut de gamme, avec des matériaux plus nobles (en particulier le bois, cher à la marque qui applique une politique très écolo sur le sujet), des plumes en or, et toujours un remplissage à cartouche (sauf sur les éditions Pen of the year, qui ont un piston). Deux belles références, le Loom, autour de 25€, tout en métal avec un capuchon coloré, et l’anello, autour de 500€ d’une rare élégance.

Lamy : marque pas assez considérée, elle a notamment inventé le Safari, un stylo pour écoliers, entièrement démontable avec un grip pour apprendre à bien tenir son stylo. Mais aussi des modèles plus raffinés, comme le 2000 au design très minimaliste. La force de la marque est l’interchangeabilité des plumes, qui permet de tester toutes les tailles pour moins de 10€. A 17€ le Safari est une affaire, même si je lui préfère le AL Star, en aluminium qui coûte une dizaine d’Euros de plus. C’est notamment le seul stylo « pas cher » avec un gros gabarit. Enfin, le Lamy Aion est, à mon avis, un des stylos les plus élégants qui soit, surtout en dessous de 80€

Kaweco : la marque Kaweco doit son succès à un stylo au design bien particulier, le Kaweco Sport, très petit il se glisse dans la poche, à 17€ c’est un stylo parfait pour les baroudeurs. Livré dans une boîte en métal, il peut venir accompagné de sa version à bille. Il y a une vraie tendance autour de ces petits stylos qui deviennent facilement des objets de collection.

Waterman : Fleuron français, Waterman fait partie des plus anciennes marques de stylos encore en activité. On dit même que ce serait M. Waterman qui aurait inventé le stylo-plume moderne. Les stylos sont produits en France, à Saint-Herblain. La gamme est très large, du Cultur qu’on peut trouver en supermarché à partir de 3€ pendant les soldes, jusqu’à l’Exception, descendant direct d’une lignée de modèles iconiques. Mais quel que soit le prix, on est assuré d’un produit qui fonctionne, et d’un SAV en France. Gros avantage, Waterman ayant aussi inventé les cartouches « universelles », on les trouve aussi au supermarché, donc en cas de panne sèche, on est vite sauvé !

Aurora : Avec la disparition d’Omas il y a quelques années, Aurora semble avoir récupéré la place d’icône Italienne. La gamme s’axe principalement autour de deux modèles, le 88, intemporel de la maison, et l’Optima, aux bouts plats, et plus coloré. Ils partagent leur système de remplissage à piston, et surtout, une magnifique plume réalisée en interne, douce avec un soupçon de flexibilité. C’est pour moi une des plumes les plus agréables que j’ai testées, et certainement ma préférée disponible en neuf.

Visconti : Jeune marque (née en 1989, une excellente année à n’en pas douter) fondée à Florence, j’ai toujours eu le sentiment qu’on retrouvait ces deux caractéristiques dans les stylos de la marque. La jeunesse avec une volonté de proposer autre chose. Des modèles qui s’affirment et cherchent moins la neutralité, des matériaux exclusifs… et Florence, parce que tout ramène à l’art. Les séries Rembrandts et Van Gogh, les lignes du Divina, la création est inscrite dans l’ADN de la maison. Le fondateur de la maison, Dante Del Vecchio a rejoint la mythique maison Pineider, toujours à Florence, et continue d’y créer des stylos beaux et originaux, avec ce supplément de folie qui peut parfois manquer ailleurs.

Pineider : Pineider c’est avant tout un papetier historique de Florence (la ville a une histoire longue et passionnante avec le papier). Il y a quelques années la marque a recruté Dante Del Vecchio pour lui constituer une gamme de stylos à la hauteur de sa réputation. La collection reprend beaucoup du style Del Vecchio avec un peu d’élégance en plus (me semble-t-il). Une marque à suivre donc…

L’Italie a vu naître ou renaître beaucoup de marques depuis peu, Scrittura Bolognese (Scribo) par des anciens d’Omas, Leonardo par des anciens de Delta, sont deux marques pour lesquelles je manque d’informations, mais qui me semblent dignes d’intérêt.

Pilot/Namiki : Le groupe Pilot est le géant japonais du stylo. Eternel concurrent des marques européennes, il est présent pour tous les marchés. Des stylos simples, intemporels, relativement accessibles, en passant par des modèles plus pointus comme le Elabo jusqu’aux œuvres d’art laquées vendues via la marque Namiki, on trouve ici des modèles pour passionnés. Les plumes sont fabriquées en interne. Certains en sont fous amoureux. Le travail de laque effectué sur les modèles Namiki, avec des décors réalisés en poudre d’or permet d’atteindre un autre niveau, celui de l’œuvre d’art. Des stylos réalisés de façon traditionnelle, un autre goût de l’exclusivité. Personnellement, je trouve que les plumes manquent un peu de personnalité, mais ces stylos sont magnifiquement réalisés. Mention particulière pour le capless qui s’ouvre via un bouton poussoir, comme un stylo-bille.

Platinum : Si Pilot est hyper présent en Europe, c’est tout le contraire du groupe Platinum/Nakaya. Pourtant la marque a tout son intérêt. Comme pour le groupe Pilot, deux marques cohabitent. Platinum distribue les deux best-sellers du groupe, le President et le 3776, deux stylos en résine, qu’on peut trouver à des tarifs ridiculement bas sur le net, ainsi que quelques modèles plus haut de gamme comme le modèle Izumo. Nakaya, se charge de la partie exclusive de l’offre. Des stylos artisanaux, réalisés à la commande, en fonction des demandes du client. Beaucoup de points sont personnalisables, en particulier le comportement de la plume qui peut être travaillé directement au moment de la fabrication du stylo. Des modèles qui font rêver, à tester un jour…

Sailor : faisons simple, il paraît que les plumes Sailor sont les plus agréables au monde. Vrai ou pas, du peu que j’en ai testé ce sont de très belles plumes. Il y a deux lignes : la 1911 de format cigare et les Professional Gear, aux bouts aplatis, avec une ancre sur le capuchon (sailor, ancre…). Les différentes gammes et leur disponibilité dans le monde est un peu fouillie. Note tout de même la ligne King of Pen, la plus haut de gamme, réalisée en ébonite.

Cross : je tenais à ajouter une marque américaine à cette liste. Moins connue que Sheaffer (aux plumes reconnaissables entre mille), j’aime bien Cross. En particulier la Townsend, ou le Peerless (avec une plume venant de chez Cross). J’aime particulièrement mon Townsend, pour son corps métallique, et sa plume particulièrement agréable.

Matthieu Faivet : terminons par un artisan plus qu’une marque. Matthieu Faivet fabrique des stylos artisanalement en Alsace. Si un vrai sur-mesure n’est pas faisable, la personnalisation, elle, l’est. En partant de différents designs créés par Matthieu, on peut choisir la matière, la plume (voir en fournir une) la présence d’agrafe… Un vrai projet personnel et de passionné.

C’est vrai qu’il manque beaucoup de protagonistes. J’aurais aimé tous les lister, mais ce serait impossible. Ce qui compte c’est que tu te rendes compte de la diversité de l’offre, il est impossible de ne pas trouver quelque chose qui nous plaise.

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