Bien que je fréquente depuis plusieurs années l’univers du style masculin, et que j’aie eu l’occasion d’explorer nombre de ses aspects, il y a un domaine que je n’avais pas encore pris le temps de découvrir : la lunetterie. Nous, porteurs de lunettes français, avons malheureusement pris de mauvaises habitudes. Entre les remboursements limités de nos mutuelles et un système pensé pour favoriser le renouvellement rapide, il est devenu presque naturel de changer régulièrement de monture plutôt que d’investir dans une pièce d’exception, conçue pour durer plusieurs années, quitte à remplacer simplement les verres au fil du temps. J’avoue volontiers devoir plaider coupable : j’ai moi aussi cédé à la facilité de la consommation cyclique, sans me poser trop de questions (encore eusse-t-il fallu pouvoir y trouver des réponses). Et pourtant, en France, nous possédons un héritage lunetier considérable, une tradition et un savoir-faire reconnus dans le monde entier. C’est justement cette richesse que j’ai voulu découvrir, et c’est ce que j’aimerais te raconter aujourd’hui.
Lire la suite de « Maison Lassalle : Le style passe aussi par le regard »Catégorie : Non classé
Electra Dare-Devil Diver : sportive et stylée
Je ne t’ai pas encore parlé horlogerie sur ce blog. C’est un sujet passionnant, mais aussi très vaste, complexe, et je cherchais par quel bout l’attaquer. Je vais donc inaugurer ce sujet en te parlant de la marque Electra. Pourquoi cette marque ? Déjà, parce qu’il est possible que tu n’en aies pas encore entendu parler. Et puis parce que ça fait partie des projets qui me plaisent, ceux qu’on voit arriver d’un peu loin en se demandant si ça va être le succès qu’on espère et si les gens comprendront. Mais revenons au commencement.
Lire la suite de « Electra Dare-Devil Diver : sportive et stylée »Retour d’expérience : MTM Mogada Munich
Je t’ai déjà parlé de la marque Mogada Munich fondée par le bottier Louis Lampertsdörfer. Après avoir commencé par proposer de la grande mesure, il a étoffé son offre avec une proposition de prêt-à-chausser haut de gamme dont j’aimerais te parler aujourd’hui.
Lire la suite de « Retour d’expérience : MTM Mogada Munich »Voyager Sartorial : un weekend à Londres
Voyager sartorial, voilà un petit défi. Il implique de gérer plusieurs problématiques ; tout d’abord, le confort, l’adaptation au mode de transport. Viennent ensuite les questions de météo possible, d’espace limité (pensée pour ceux qui ont un bagage cabine), d’activités et de potentielle présence à des évènements demandant une tenue particulière… Bien sûr, certains te diront qu’on peut tout-à-fait voyager en costume, en particulier un fresco, et qu’un passage dans la salle de bain avec la vapeur d’une douche résoud tous vos soucis. Possible, dans le cas d’un déplacement professionnel, et encore, l’état du costume peut être à discuter.
Que faire pour un long week-end ?
Voilà le postulat de départ : partir en train 4 jours à Londres en famille. Je n’y avais pas d’évènement particulièrement sartorial (comme ça pourrait être le cas lors d’un super truck show), juste du tourisme, des tenues plutôt décontractées donc, mais que je souhaitais garder sartoriales. Voici donc mes choix pièce par pièce.
Les souliers
C’est la base de tout, 4 jours avec beaucoup de marche et de piétinement, je ne pars pas avec des Richelieus très effilées. Je vais donc privilégier des semelles tout-terrain (gomme ou commando), des cuirs assez robustes (grainé, veau-velours, cuir gras…), et des modèles adaptés à un peu de gonflement des pieds (un laçage ouvert plutôt que celui fermé des Richelieus). Mon choix va bien évidemment vers ma marque de cœur, Alfred Sargent, chez qui j’ai exactement ce qu’il me faut. Ma première idée est qu’à Londres il peut beaucoup pleuvoir, et qu’au-delà de l’eau qui tombe sur la chaussure, mais va glisser, l’autre risque sont les grosses flaques d’eau un peu profondes. Je vais donc choisir ma bottine Hannover, en cuir grainé marron très foncé (peu salissant), laçage derby qui peut s’élargir si besoin, et surtout une semelle commando cousue avec un montage Goodyear Stichdown, qui implique que la trépointe est dotée d’un petit mur qui remonte vers le haut pour assurer une meilleure étanchéité.

Bien sûr pour quatre jours je prends une seconde paire. Pour celle-ci j’avais une idée en tête, pour prendre l’Eurostar il faut passer les douanes et le détecteur de métaux. Or il arrive qu’on nous fasse enlever les chaussures en cuir, car elles peuvent sonner si le cambrion est en métal. Je voulais donc une paire que je puisse facilement enlever et remettre, mais qui reste adaptée à une marche soutenue et un temps pluvieux (exit donc le mocassin). J’ai jeté mon dévolu sur une paire de doubles boucles à semelle gomme en cuir un peu gras fabriqué par Sargent pour J. Crew. Paire que j’ai trouvée à vil prix sur eBay et qui malgré un cuir lisse qui ne serait pas mon premier choix fera l’affaire et que je peux me permettre de maltraiter si besoin. Pour les souliers, c’est donc réglé.
Les pantalons
Pour mes pantalons, le mot d’ordre était confort, et météo capricieuse, possiblement froide, mais avec des moments assez doux. Dans le registre casual, je n’avais pas 50 possibilités, j’ai embarqué mes 2 pantalons en velours cotelé de la Sartoria Cavaliere. Le velours côtelé est idéal, c’est chaud, doux, réconfortant, un vrai pyjama d’extérieur. Si je ne voyage jamais avec moins de deux pantalons, j’ai décidé de leur adjoindre un troisième pantalon en gros coton épais. Ici aussi quelque chose de pas vraiment habillé, axé sur le confort, et qui me permettait d’avoir un roulement de pantalon à la demi-journée si jamais il pleuvait vraiment beaucoup ou qu’un automobiliste maladroit roulait dans une flaque à côté de moi.
Les chemises
Pour les chemises, rien de particulier à signaler, je suis très régulier sur le sujet 12 mois par an. J’ai donc choisi des chemises en lin ou coton-lin, pour mieux gérer les petits coups de chaud en cas de grosse marche. N’ayant pas prévu de mettre de cravate, j’ai privilégié les cols boutonnés pour que le tout garde une belle consistance. Simple et efficace. Ah oui, j’évite aussi les couleurs unies plus habillées pour privilégier les rayures plutôt larges, moins formelles.
Les pièces chaudes et l’outerwear
Voilà le cœur du problème. Je veux avoir chaud, mais pas trop (la météo prévoyait cette partie un peu floue entre 5 et 15° où on ne sait jamais comment s’habiller, le tout avec des rafales de vent probables et au moins une grosse journée de pluie). Il me faut donc le mouton à 5 pattes. J’ai décidé de commencer par la partie extérieure, en choisissant une veste Barbour en coton ciré fraîchement recirée, elle assurera le côté coupe-vent et imperméable. Par ailleurs ses nombreuses poches volumineuses permettent de sortir sans sac avec le minimum (appareil photo compact, batterie de secours, parapluie et mouchoirs). Mais elle a un gros défaut, si elle ne tient pas excessivement chaud, le côté imperméable fait qu’on peut vite y transpirer, il fallait donc que je puisse la porter un peu ou totalement ouverte. J’ai donc choisi en dessous une première veste dans une sorte de tweed bien chaude. J’avais ajouté au cas où une seconde veste en laine cardée (toujours le côté informel) un peu plus légère s’il faisait vraiment très doux.
Les accessoires
C’est le plus important. Les accessoires, les petites pièces de la tenue viennent donner à une tenue toute sa personnalité. Commençons par le bas, avec les mis-bas, essentiels au quotidien mais encore plus en voyage. Pas d’hésitation sur ce sujet, je ne me fournis que chez Mes Chaussettes Rouges. Mais que choisir dans ce catalogue particulièrement fourni ? Ma préférence va sur deux références exclusives à la maison, les mi-bas de contention, et les chaussettes supersolides. Leur maintien supérieur du mollet va m’apporter un confort supplémentaire et une moindre fatigue à la fin de la journée, indispensables dans un vestiaire ne serait-ce que pour voyager.
Tu le sais, je suis un passionné acharné de la cravate, mais quand même, en vacances… (rassure-toi, j’en ai toujours de secours dans le fond du bagage, des fois que je reçoive une invitation surprise de Charles III), mais j’aime bien avoir quelque chose autour du cou, ça l’habille, et ça protège ma petite gorge fragile, j’avais donc choisi de partir avec quelques foulards pour jouer ce rôle, en soie ou en coton, c’est une pièce encore trop rare mais qui creuse sa place petit à petit dans le menswear.
Mais le foulard ne suffit pas, il faut penser plus chaud pour un mois de décembre, on n’oublie donc pas l’écharpe ! Pas de snobisme ici, je ne risque pas une écharpe en cachemire fin, qui pourrait être un peu trop fragile, et je me rabats sur une écharpe en laine plus robuste et largement assez chaude pour ce doux mois de décembre.
Passons au sac, élément indispensable en voyage, qui peut vite pourrir ta vie s’il n’est pas bien choisi. Tu t’en doutes, je ne suis pas un fervent défenseur du sac à dos, d’autant plus en balade urbaine où il favorise les pickpockets. Mais un sac tenu à la main ou en bandoulière est trop peu pratique et trop fatigant. Reste donc l’option du sling, sac d’épaule mais mieux maintenu qu’un messenger. J’ai jeté mon dévolu sur un sac Peak Design, qui n’a rien de sartorial mais ravit mon côté geek.
Enfin, que serait une tenue sans montre ? Et pour un voyage en milieu humide une toolwatch s’impose. Même si je suis plus amateur de montres habillées, j’ai besoin de quelque chose de pratique, automatique, étanche…. Et ça tombe bien j’ai récupéré quelques semaines plus tôt un modèle qui coche toutes ces cases chez Electra (on en reparle bientôt). Une montre discrète (attention aux vols), pas trop sérieuse (grâce à son cadran coloré), étanche (bon, d’accord 666 pieds ce n’est pas nécessaire pour Londres, mais qui peut le plus…), et petit détail fort à-propos, sa lunette bidirectionnelle me permet de me mettre à l’heure locale sans dérégler ma montre.
C’est toujours un exercice délicat d’optimiser le rapport style/volume lors d’un voyage, l’avantage du train, c’est que je peux prendre un bagage plus grand qu’une valise cabine, ce qui permet 2-3 options en plus (la seconde veste notamment était un petit luxe dont j’aurais pu me passer). J’ai pu profiter pleinement de ce petit weekend, avoir 3 pantalons en particulier était une vraie nécessité, il a quand même bien plu les soirs, et ça me permettait de laisser bien sécher le pantalon du jour tranquillement. Je suis donc très content de mes choix, qui ont en pratique confirmé mon idée principale : toujours donner le plus d’importance aux chaussures.
Calabrese 1924 : 100 ans au service du style
Le monde des accessoires est un univers bien particulier, plus large et comprenant bien plus d’acteurs que ceux des tailleurs, chemisiers ou bottiers. C’est aussi un monde plus concurrentiel, la fidélité du client n’est jamais acquise, et il faut sans cesse le reconquérir. Heureusement, certaines entreprises se distinguent et arrivent à se faire un nom qui traverse les décennies. C’est le cas de Calabrese 1924 dont je vais te parler aujourd’hui.
Lire la suite de « Calabrese 1924 : 100 ans au service du style »Parlons slip
NDLR : J’acceuille aujourd’hui mon ami Gilles qui souhaite te parler d’un sujet capital, le sous-vêtement. Bonne lecture !
Lors de la lecture de l’article sur les cadeaux pour Noël me sont venues deux réflexions.
Tout d’abord, ces cadeaux peuvent fonctionner toute l’année, et surtout j’étais étonné qu’il n’y ait pas de slip léopard dans la liste.
Lire la suite de « Parlons slip »Tout reprendre : l’outerwear
S’il y a bien des pièces qu’on a tendance à négliger lorsqu’on débute son parcours sartorial, ce sont sans aucun doute les pièces extérieures, manteaux, imperméables et autres blousons. Elles coûtent assez cher (un manteau habillé coûte autant qu’un costume) et ont un usage très saisonnier, donc limité. Pourtant, elles conditionnent totalement la réussite de notre tenue dès qu’on est dehors, et elles ont la responsabilité de nous maintenir au chaud l’hiver, ce qui n’est pas rien. Il est donc particulièrement important de bien déterminer de quelles pièces on a réellement besoin au quotidien, afin d’éviter des dépenses inutiles, ou pire, d’avoir froid tout l’hiver.
Lire la suite de « Tout reprendre : l’outerwear »Quelques idées cadeau pour Noël
Nous sommes en pleine période pré-Noël et tout le monde cherche quoi offrir à ses proches… malheureusement, trouver le cadeau parfait pour un sartorialiste n’est pas chose aisée. D’une part, il faut être réaliste, cette passion n’est pas la plus accessible, mais en plus la frontière entre le produit parfait et celui totalement à côté de la plaque est souvent ténue pour un profane. Aujourd’hui je vais donc surtout m’adresser aux proches de mes lecteurs habituels (que ceux-ci se rassurent, ils peuvent tout-à-fait se faire des auto-cadeaux, et il peut être pertinent de transférer cet article à leurs proches).
Lire la suite de « Quelques idées cadeau pour Noël »S’il fallait tout recommencer partie 2 : les costumes
S’il me fallait tout recommencer, commencerais-je par des costumes ? C’est la première question qui me vient en commençant cet article. Et la réponse ne peut qu’être normande. D’une part, dans ton cas, elle dépendra de tes goûts, de ton environnement, et de la stratégie que tu souhaites adopter, faire vite du tout sartorial ou pas. Si la réponse à ce dernier point est oui, alors le costume est une bonne solution.
Lire la suite de « S’il fallait tout recommencer partie 2 : les costumes »Sur-mesure : l’expérience au delà du produit
Te souviens-tu de ce que tu faisais le 31 juillet 2015 ? Moi oui. Après une semaine de travail à Milan, j’atterrissais vers 19h à l’aéroport de Naples Capodichino. 30min après je passais les lourdes portes du numéro douze via Giuseppe Fiorelli pour l’un des moments les plus fantastiques de ma vie. Parce que oui, le sur-mesure (la grande bien-sûr, mais aussi la petite ou la demi) va bien au-delà du simple achat d’un produit, c’est une expérience, un moment à vivre, réservé aux chanceux capables de sacrifier un peu de temps pour entrer dans le salon d’un tailleur.
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